Gay routier : Ramon, 38 ans, te répond la nuit
Routier de nuit, la route m'ennuie, toi non.
Moi c'est Ramon, 38 ans, d'origine espagnole, et je suis routier. Un gay routier, oui, ça existe, et je ne suis pas le seul sur les aires d'autoroute à regarder mon téléphone. La route m'ennuie, la nuit me réveille. Alors quand tu m'appelles, je suis déjà dans le bon état d'esprit.
Je roule surtout sur l'axe Lyon-Barcelone, avec des pauses sur des aires où il n'y a personne à trois heures du matin. Le gilet fluo, la cabine, le café trop fort : tout ça, je te raconte si ça te branche. Il y a des mecs qui adorent l'idée du gars en tenue de travail, un peu fatigué, un peu sale, qui décroche pour eux. Si c'est ton cas, tu es au bon endroit. Pour les autres métiers du genre, passe voir le rayon mec en uniforme.
Je suis actif, et plutôt du genre joueur. Je chambre, je provoque un peu, et quand tu me réponds du tac au tac, j'adore. Je te demande vite ce que tu aimes, ce que tu n'aimes pas, et si t'es plutôt dans le doux ou dans le cru. Moi, je m'adapte. J'aime bien la branle au téléphone : toi à ton rythme, moi au mien, et on se rejoint au bout.
J'ai 38 ans et je ne cherche rien à prouver. Si tu es un peu timide, on prend le temps. Si tu sais déjà ce que tu veux, tu me le dis cash et je ne fais pas de manières. Mais j'aime savoir qui je tiens au bout du fil : ton prénom, ta ville, ta journée.
Appelle quand tu veux t'échauffer. Dis-moi simplement : t'es dispo ? Je décroche, et tu verras que la nuit passe beaucoup plus vite avec un mec comme moi dans l'oreille.
Ses potes
Tous les mecs en uniforme
Tes billets, s'il te plaît. Maintenant, tes aveux.

L'uniforme reste au vestiaire, pas ma voix.

L'uniforme à terre, regarde-moi te regarder.

Gardien de musée, rien ne passe sans ma permission.

Conducteur de métro, je ralentis quand ça monte.

Garde-à-vous, je parle comme à une section.

Dix mille mètres d'altitude, tu restes au sol.

Concierge d'hôtel, je connais les clés du tien.
